Le blog Gaming de Starsystemf

Le blog Gaming de Starsystemf

Le plaisir de jouer avant tout!

[LA PAROLE AUX GAMEURS ACTE CXX] Interview de Raphaël LUCAS

[LA PAROLE AUX GAMEURS ACTE CXX] Interview de Raphaël LUCAS

Hello les gameuses et les gameurs, voici une nouvelle interview pour la rubrique LA PAROLE AUX GAMEURS.

Comme pour Georges "JAY" GROUARD, vous allez avoir une interview en deux temps qui seront publiés aujourd'hui. C'est Raphaël LUCAS l'auteur de l'ouvrage "LA SAGA LEGACY OF KAIN" sorti récemment chez THIRD EDITIONS (je vous en parle bientôt sur le blog) qui a répondu gentiment à mes questions.

Sans plus attendre, je lui laisse donc la parole...

 

(Interview rédigée le 02/03/2019)

"Salut,

  • Comment ça va ?

Très bien ! L’ouvrage Legacy of Kain vient de paraître chez Third Editions, d’autres projets sont en cours, donc tout va parfaitement.

 

  • Peux-tu te présenter à mes lecteurs pour savoir qui tu es “In Real Life” ?

Alors je suis journaliste de jeu vidéo depuis bientôt une vingtaine d’années. J’ai commencé en 2001, mais j’avais déjà écrit dans des fanzines durant mon adolescence, au début des années 90. J’y écrivais sur les super-héros, le cinéma, les bouquins d’horreur… Après des études d’histoire et mon service militaire – j’étais du dernier contingent ! -, j’ai trouvé du travail chez PC Team, puis chez FJM (dans des mags ciné/fantastique principalement), avant de travailler pour Playmag, puis d’être recruté par Future France pour bosser sur PlayStation Magazine et Joypad. C’était en 2004. J’ai alors écrit pour la plupart des magazines du groupe, de Joystick à Xbox Magazine en passant par Kid Paddle… sisi ! En novembre 2012, après l’arrêt de Future/YellowMedia/Mer7, j’ai fait la connaissance des équipes de Pix’n Love et de (désormais) Third Editions, et ils m’ont demandé de les aider à terminer un livre sur BioShock, puis FFIX, etc. Concernant la presse, je pige actuellement pour Jeux Vidéo Magazine et Gamekult principalement, après avoir participé à feu The Game.

Plus largement, comme tout pigiste, mon temps se consacre à jouer et à écrire, à faire des demandes d’interviews, à partir en press-tour, généralement des allers-retours à Londres dans la journée. Rien de bien sexy donc… A côté de cela, je suis un grand amateur de films d’horreurs (les vrais, ceux des années 70/80), de littérature fantastique ou expérimentale, de Clive Barker à James Joyce en passant par David Foster Wallace, Mircea Cartarescu ou T.S. Eliot. Lisez-les !

Les déplacements pour des press-tours ici chez EA et à Stockholm pour Just Cause 3
Les déplacements pour des press-tours ici chez EA et à Stockholm pour Just Cause 3

Les déplacements pour des press-tours ici chez EA et à Stockholm pour Just Cause 3

  • Maintenant, parlons plus de jeu vidéo, quel est le pseudo que tu utilises le plus dans les jeux vidéo? D’où vient-il?

J’en ai un principalement : Slanyeh qui me vient de la bande-dessinée Slaine, peinte par Simon Bisley, que j’ai découverte vers le début des années 1990, suite à une critique dans le cahier Oxygène (ou Oxygen ?) du magazine Génération 4. J’aime beaucoup le personnage qui est bien plus qu’un Conan celtique, du moins dans la version de Mills/Bisley.

 

  • Dans une semaine type, quel est ton temps de jeu en moyenne ?

C’est très variable, et fonction des tests que je dois effectuer. Ça peut ne pas dépasser les 2h par jour, avec notamment des jeux que je n’avais pas pu faire avant, et que je lance pour le pur plaisir de la découverte. Crois-le ou pas, mais j’ai enfin eu le temps de faire GTA 5 dernièrement… A contrario, certaines semaines, je passe une dizaine d’heures/jour sur la console ou le PC pour terminer mes tests. Et je ne compte pas les présentations de jeu, les press-tour, etc. C’est vraiment très variable, et fonction des besoins. Et quand je ne joue pas, je passe le plus clair de mon temps à écrire. Beaucoup. Énormément.

 

  • Comment et quand as-tu commencé ta vie de Gameur?

Très tôt, au début des années 80. J’ai découvert l’Apple II au centre culturel de Dourdan (dans le fin fond du 91) : j’y jouais à Conan : Hall of Volta, à Swashbuckler, ou à des jeux d’aventure français avec analyseur syntaxique, comme Le casse ou Paranoïa. A la même époque, j’ai « défoncé » Epoch-man, un jeu électronique et clone de Pac-Man dont je bloquais le score à 9999 (soit le maximum), de même que Satellite Attack (un sous-Asteroids) sur Vidéopac, une console que mon père nous avait ramenée de son travail. En fait, j’ai toujours joué sur les deux supports (ordi et consoles) à la fois, sans préférer l’un à l’autre… Et puis, à la même époque, je suivais Temps X (l’émission des Frères Bogdanoff) et Super Défi (où des joueurs s’affrontaient sur Atari 2600 avec Dechavanne comme présentateur)… Je pense cependant que le vrai déclic a eu lieu en 1987, quand j’ai acheté mon premier Jeux & Stratégies (n°44 d’avil-mai 1987) puis Tilt (n°49 de novembre 1987). A partir de là, je suis devenu accroc au jeu vidéo… et aux jeux de rôle papier, dont j’avais eu connaissance dans le Mini-journal de Patrice Drevet, via une présentation en 1986 de Avant Charlemagne du regretté François Nedelec (le créateur d’Empire Galactique).

 

  • Quel est ton jeu du moment ? Y a-t ’il un jeu auquel tu joues régulièrement ? Celui que tu attends le plus ?

Là, tout de suite (le 21 février), Anthem que je teste pour Jeux Vidéo Magazine. Après l’avoir fait sur PC, je le recommence sur PS4. Pour le plaisir, je m’amuse sur Cultist Simulator et le récent Sunless Skies, des chefs-d’œuvre, extraordinaires et magnifiquement écrits. Malheureusement, uniquement anglais.

Des jeux auxquels je rejoue… Il y en a tellement. Pour me « réveiller » lorsque je suis un peu patraque, je lance souvent un jeu d’arcade un peu vif, comme Rygar, ou un shoot, comme R-type ou Ikaruga J’apprécie énormément le côté instantané de l’arcade : pas d’histoire, pas de cut-scene, le gameplay, pur, direct, sans distraction. Côté RPG, j’ai tendance à revenir à des classiques, comme les Gold Box de SSI, des Baldur’s Gate ou aux FF (VI, VII). Après, la curiosité – et parfois les recherches pour un ouvrage - me poussent à lancer de vieux titres que je ne connais pas ou auxquels je n’ai pas eu l’occasion de jouer lors de leur sortie originale : pas pour les finir, mais juste pour voir comment ils sont faits, leur gameplay, leur ergonomie. Dernièrement, j’ai lancé Echelon sous DOS, un titre inconnu en 3D fil de fer dont les photos dans un TILT de 1988 (ou 87 ?) m’étaient restés en mémoire.

Quant au jeu que j’attends… Hum…The Outer Worlds d’Obsidian, un studio de RPG pour lequel j’ai beaucoup d’affection et parce que les créateurs de Fallout et Arcanum travaillent dessus. Doom Eternal (Doom 2016 était une claque d’intensité arcade en solo), et puis sans doute Cyberpunk 2077.

 

  • Quels sont tes jeux cultes ?

En plus de 35 ans de jeux vidéo quasi-continus, c’est difficile de choisir. Là, comme ça, sans trop y réfléchir, il y a eu Strider, Ghouls’n Ghosts, Rygar, R-type, Dungeon Master, Ultima IV, Toki, FFVII, Fallout 2, Vagrant Story, Planescape : Torment, Star Wars : KOTOR, Soul Reaver, Gradius V, Silent Hill 2, Resident Evil 2, Deus Ex, Soul Reaver Mais si je ne devais en garder qu’un ou deux, ce serait sans doute Planescape ou Soul Reaver. Parce qu’ils m’ont fait voyager dans un monde vraiment autre, étrange, inconnu. Parce que, de la même manière que le Waste Land de T.S. Eliot ou que le Quatuor de Jérusalem d’Edward Whitemore pour la littérature, ils m’ont fait toucher du doigt d’autres univers par leur langage, leur manière d’envisager le jeu vidéo.

 
Raphaël LUCAS au Japon!

Raphaël LUCAS au Japon!

  • Sur quelle plateforme joues-tu ?

Principalement sur PC et PS4. Le premier pour tous les CRPG, les indés, les jeux sous Dosbox (ou chez Gog) et les émulateurs de vieux ordinateurs (Apple II, Amiga, CPC), le second pour suivre l’actualité consoles et les exclu PS4… parce que c’est la console que la plupart des joueurs possèdent en France. Si besoin j’emprunte les autres consoles à la rédaction de JVM pour essayer d’autres titres, avoir une vision plus large de ce que propose le marché. Je n’ai pas de préférence pour un constructeur ou un autre, ce sont les jeux qui comptent à mes yeux. Et rien d’autre. Ah, je joue aussi sur smartphones aux jeux de Simogo (Device 6) ou à ceux d’Ink (les Sorcery)… Et je conseille à tous d’essayer King of the Dragon Pass, un de mes jeux de prédilection sur cette plateforme.

 

  • Quel type de joueur es-tu? Plutôt un joueur solitaire ? Un joueur qui joue beaucoup en réseau ? Un joueur qui préfère les soirées entre amis à jouer à plusieurs ?

Je préfère la solitude. D’ailleurs, il suffit de voir les jeux que je cite pour s’en rendre compte… Cependant, j’aime aussi les FPS multi depuis Quake III Arena, et dernièrement je passe beaucoup de temps sur les Battle Royale. Et notamment sur Apex Legends qui est sûrement le meilleur FPS multi (gratuit) auquel j’ai joué dernièrement.

 

  • Quel style de jeu apprécies-tu le plus ? Pourquoi ?

Je n’ai pas de style de préférence, ce qui compte c’est la proposition de jeu, le gameplay. Si j’ai écrit un livre sur les RPG chez Pix’N Love, c’est parce que je suis tombé dans le genre (et dans le jeu de rôle papier) en 1987, et que ses mécaniques (et les manières de les détourner) continuent de me passionner. Mais je suis aussi tombé dans l’arcade au même moment, et j’aime cette tension, le flow de ces titres. Je passe de l’un à l’autre sans me questionner, jouant autant à The Witcher 3 qu’à Polybius, passant d’un T-RPG à un Shoot'em up. Les seuls genres auxquels je ne touche pas sont les jeux de sport (et pourtant j’ai beaucoup joué à Kick-off ou à Speedball sur Amiga), et les simu autos. Je n’ai pas assez de connaissance à leur sujet pour espérer en dire quelque chose de pertinent.

 

  • Qu’est-ce qui, d’après toi, fait un bon jeu ?

Question difficile, et la réponse est variable d’un genre à l’autre. Dans un RPG ou un jeu d’aventure, je recherche une adéquation entre mécanique et narration, il faut que ça « colle » sinon – déformation professionnelle - je ne vois plus que les errances de game/level design. Et surtout quand il s’agit d’un monde ouverte, où aujourd’hui les mêmes recettes sont copiées/collées ad nauseam. Sur un jeu plus « instantané », c’est le flow qui m’importe, est-ce que je suis « emporté » par le « mouvement » du jeu ? Est-ce que je m’oublie – moi, mon corps - dans le jeu ?

 

  • Quel est ton meilleur souvenir de Gameur ? Ton pire ?

Je n’ai pas de pire souvenir, si ce n’est peut-être devoir tester un jeu Hello Kitty quelque chose Rescue sur PS2. Des bons souvenirs ? Plein ! Quand j’ai pété le score d’Epoch-Man et qu’il n’affichait plus que 9999 (XXXX) sur son écran. Quand j’ai terminé Alundra, Vagrant Story ou R-Type. Quand j’ai joué à Out Run avec cockpit dans une salle d’arcade itinérante en 1986, et qu’il fallait faire la queue pour y poser ses fesses.

 

  • J’adore les bandes originales de jeux vidéo, est-ce qu’il te prend d’en écouter régulièrement? Une ou des OST de référence?

Moi aussi, je les adore. J’ai le thème de Speedball 2 en sonnerie ! Je suis très fan du travail de Hitoshi Sakimoto, et notamment sur Gradius V, FFXII ou Vagrant Story. Sinon, les BO des Nier m’accompagnent partout.

 

  • Quelle personne importante du Jeu Vidéo voudrais-tu rencontrer? Pourquoi ?

En raison de mon travail, j’ai déjà interviewé la plupart des développeurs que j’avais envie de rencontrer plus jeune : Richard Garriott (Ultima), Chris Avellone (Planescape : Torment), Hironobu Sakaguchi (FF), etc. Là, comme ça, je ne vois qui manque à mes « trophées de chasse »… A part Miyamoto ?

Richard Garriott (Ultima) avec le livre de Raphaël LUCAS "L'Histoire du RPG" en PDF

Richard Garriott (Ultima) avec le livre de Raphaël LUCAS "L'Histoire du RPG" en PDF

  • Quel regard as-tu sur ta vie de Gameur jusqu’à présent? Comment vois-tu le futur du Jeu Vidéo ?

Je me dis que je me suis vraiment bien amusé, et que j’ai eu de la chance de pouvoir passer de fan à journaliste. J’ai pu approcher les équipes de développement, visiter des studios (de SEGA, PlatinumGames, BioWare, Ubisoft Montréal, etc.), discuter avec des gens passionnés et généralement avides de parler de leur travail. J’ai tendance à penser qu’on ne met pas assez les développeurs – et pas les producteurs qu’on nous impose souvent lors des évènements presse- en avant. Un level designer, un programmeur son, un programmeur d’outils sont autant des créateurs que les « grosses têtes » du JV. Malheureusement, ils restent trop souvent dans l’ombre… Et la plupart des lecteurs ne s’y intéressent pas…

Le futur du jeu vidéo ? Je le vois d’une part sous forme de jeu-service comme Destiny ou The Division, et d’autre part sous celle d’une avalanche de jeux indés, à la manière de ce que l’on trouve sur itch.io . Les années à venir vont être intéressantes : avec la démocratisation des outils, en parallèle des sorties de AAA/jeux-services, de plus en plus de joueurs vont pouvoir imaginer des histoires interactives ou donner vie à des idées de gameplay auxquelles personne n’avait eu l’idée. Il y aura des paquets de jeux ratés, mais pleins d’idées folles, inattendues, plein de concepts que les AAA ne peuvent exploiter parce que trop expérimentaux. C’est déjà le cas, et je conseille à tous de fouiller dans itch.io ! Il y a là-bas un jeu qui n’attend que vous ! "

 

Merci beaucoup d'avoir pris le temps de répondre à mes questions!

Retrouvez-le donc avec le livres "LA SAGA LEGACY OF KAIN" disponible sur le site Third Editions et dans les librairies prochainement.

Merci beaucoup à vous lectrices et lecteurs d'avoir lu le cent dix-vingtième acte de LA PAROLE AUX GAMEURS. Retrouvez l'interview qui sera plus centré sur la bibliographie de Raphaël LUCAS et leur création en cliquant ici.

Si vous aussi vous voulez participer à la rubrique en répondant à l'interview ou si vous connaissez quelqu'un de passionné de Jeux Vidéo qu'il serait intéressant d'interviewer, si vous avez des idées de questions à poser à me poser pour l'interview de la semaine, n'hésitez pas à me contacter avec des commentaires sur l'article, par le formulaire de contact, sur Twitter ou Facebook.

Partager cet article

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article